23 octobre - une forme d'autoportrait ?

Publié le par Jean-Michel Verdan

« Chacun de nous n’est rien qu’une phrase ; aucun de nous, de par lui-même, ne produit mieux qu’un petit effet de sens de rien du tout, rien qu’un fragment de sens ; ce n’est qu’à partir de l’ensemble de ce qui se dit que l’on comprend ce que chaque individu veut vraiment dire ».

 

« Certains jours, chaque être que je rencontre – et plus encore ceux qui font par force, partie de ma routine quotidienne – assume la valeur d’un symbole et, soit isolément, soit en s’unissant, forme une écriture occulte ou prophétique, image en ombre de ma vie… ».

 

Fernando Pessoa

 

Ces deux phrases de Fernando Pessoa suivent depuis toujours mon travail photographique. Elles entretiennent de délicates correspondances avec mes images. Jouant sur la complexité des êtres, leur capacité à se montrer où se cacher. L’appareil photo n’étant là que pour constater discrètement de cette difficulté d’être. Sans chercher à imposer une vision, il en propose seulement une lecture. Le spectateur, peut, quant à lui, en trouver d’autres et c’est justement cette complexité des êtres qui en permet la multiplicité.

 

Se comprendre et comprendre les autres, sont les questions que se posent « chacun de nous… » et au-delà des images, l’ensemble forme un autoportrait, « image en ombre de ma vie ».

 

Elles, vous et moi faisons parti de cet ensemble, aller et retour entre photographié/spectateur, photographié/photographe mais aussi, spectateur/photographe. Sans cesse nos vies se croisent, s’arrêtent, se côtoient un instant, (plus ou moins long) et, même après leurs disparitions, elles restent des images mentales « ombres » de nos vies.

 

Jean-Michel Verdan

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pierre 25/10/2008 08:26

"l'essentiel est invisible pour les yeux" il faut peut-être une photograpjie pour s'y approcher, surtout un regard.de photographe.